Dans les conditions particulièrement contraignantes de la mangrove, la diversité végétale est faible. Au Sénégal, seules 6 espèces de palétuviers ont réussi à s’adapter à cet environnement, dont 3 espèces dominantes :

Rhizophora mangle (le mangle rouge)

Rhizophora racemosa (le palétuvier rouge)

Aviceniaafricana

Les palétuviers disposent de mécanismes physiologiques très particuliers qui leur permettent de s’adapter à des conditions de vie très difficiles.

Les palétuviers du genre Rhizophora poussent à l’interface entre le milieu terrestre et le milieu marin, les pieds dans l’eau à marée haute. Ils possèdent des racines échasses (appelées rhizophores) : celles-ci permettent non seulement un bon ancrage dans des substrats meubles comme les fonds vaseux, mais donnent aussi au végétal une certaine souplesse qui lui permet de résister au mouvement de flux et reflux des marées. En outre, les Rhizophoracées ont un mode de germination particulier : la graine germe et l’embryon se développe sur l’arbre même. Ce n’est donc pas une graine qui tombe de l’arbre mais une petite plantule, appelée propagule, suffisamment développée pour qu’en tombant au sol elle s’y enracine aussitôt. Si elle tombe dans l’eau, la plantule flotte jusqu’à qu’elle soit suffisamment lourde pour tomber au fond et s’enraciner.

Les palétuviers du genre Avicenia se développent plutôt dans les zones marécageuses, derrière les Rhizophoracées, à l’intérieur de la mangrove. C’est un réseau très dense de racines superficielles horizontales qui leur permet de trouver un ancrage stable dans ce substrat très meuble. Ces palétuviers comportent par ailleurs des racines aériennes (appelées pneumatophores) qui leur permettent de « respirer » malgré une immersion prolongée. En effet, ces racines comportent de petites lenticelles au travers desquelles l’air peut passer. Les Aviceniacées régulent la salinité de leur milieu interne par excrétion directe du sel via leurs feuilles ou par dilution de leur sève.